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La dernière des «vraies cabanes»

La dernière des «vraies cabanes»

Journal de Montréal 11 avril 2016

Un acériculteur de la Mauricie refuse toute technologie

YAMACHICHE | Un acériculteur bio de la Mauricie refuse de moderniser sa cabane à sucre et s’occupe de ses 675 entailles avec seulement ses deux mains et l’aide de son cheval Peanut. À 59 ans, Jean-Pierre Clavet, propriétaire de la ferme Le crépuscule à Yamachiche a été l’un des premiers à recevoir l’accréditation bio pour son sirop d’érable.

Personnellement, je crois au bio, je consomme bio. Ma crème à barbe, ma pâte à dents aussi, tout est bio. C’est normal que dans la ferme tout soit bio.

Celui qui a travaillé pendant 20 ans dans l’industrie chimique et pétrolière soutient être l’un des rares producteurs de sirop d’érable à vouloir tout faire lui-même de la manière la moins polluante possible. À la mode de chez nous Dès le mois de mars, il attelle son fidèle cheval nommé Peanut, fixe «la tonne» et part récolter son eau d’érable en marchant dans la forêt, comme l’auraient fait ses ancêtres. Il fait également bouillir son eau dans une vieille bouilleuse à bois.

«Quand ça dépasse les 250 entailles, les producteurs utilisent les tubulures. Pas moi!» explique celui qui produit en moyenne 250 litres de sirop par année. Après avoir entreposé son produit dans un ancien réservoir à lait qu’il conserve au point de congélation, il se rend à la cabane et cuisine sur le poêle à bois, une antiquité fabriquée en 1897. «Il était destiné à la ferraille! Ça fait deux fois que je le fais refaire à neuf pour le préserver dans le temps», affirme-t-il. 

Grande demande pour le bio

Jean-Pierre Clavet a longtemps eu l’étiquette de «granola, ceux qui mangent des graines», mais assure que son type de production n’est pourtant plus marginal et que la demande pour les aliments bio augmente de 10 % chaque année. Dans sa cabane à sucre, où tous les aliments sont biologiques, il reçoit des clients venus des quatre coins du monde. Récemment, il a reçu un groupe de Grande-Bretagne qui était curieux de visiter l’une des fermes les plus traditionnelles du Québec. Sur les 68 hectares de la ferme Le crépuscule, on retrouve également un élevage de volailles, de bœufs, de veaux et de porcs. 

Sur les menus du Toqué! 

Le restaurant Toqué!, de Montréal, a été l’un des premiers à faire confiance à Jean-Pierre Clavet et à cuisiner avec ses produits. M. Clavet est fier de savoir que son nom apparaît sur les menus du célèbre restaurant. «C’est un restaurant qui est reconnu à l’international!» s’exclame-t-il. Il se souvient du jour, ou il a apporté sa première volaille à Normand Laprise. «J’en revenais pas de tout ce qu’il pouvait faire avec mon poulet», raconte-t-il. Le producteur estime que sa différence est sa marque de commerce. Il espère inspirer des entrepreneurs de la région en leur prouvant qu’une entreprise peut être à la fois rentable et populaire, mais aussi écologique.

JEÛNER POUR MIEUX PERFORMER

YAMACHICHE | Le travail très exigeant de la ferme et de sa caba­ne à sucre ne permet pas à Jean-Pierre Clavet de dormir plus de cinq heures par nuit. Afin de donner un répit à son corps, le producteur jeûne tous les mois de janvier, depuis plus près de 40 ans.

L’ouvrage me pousse hors de mon lit à 4 h ou 5 h du matin, et ça, même si je me suis couché vers minuit ou 1 h du matin.

Il admet que «couper» dans ses heures de sommeil n’est pas la meilleure solution. C’est toutefois la seule option s’il veut arriver à effectuer toutes les tâches sur ses terres.

Que de l’eau

Il a commencé cette «purification» en 1985, mais il s’y adonne plus sérieusement depuis les 10 dernières années.

Ça dure de 14 à 21 jours et je ne bois que de l’eau», dit-il. Il avoue que les deux premiers jours sont les plus difficiles. «J’ai des maux de tête et j’ai mal au bas du dos, surtout aux reins.

Ce régime lui fait perdre environ 2 lb par jour. Bien que moins rapidement, il effectue tout de même le travail à la ferme. «Cette année, à mon 12e jour, je fonctionnais normalement. Comme si je n’avais pas besoin de manger», révèle-t-il, rayonnant. Les changements chez M. Clavet sont physiques, mais aussi psychologiques. «Je compare ça à un ordinateur qu’on “reboote”. Ça permet de tout remettre à zéro. Après, je pense différemment et je suis différent. La détoxification, c’est une hygiène de vie», dit-il.

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